Faire le plein de carburant pour un vieux modèle, ce n’est jamais une question anodine. Les collectionneurs nous interrogent fréquemment sur le choix du bon carburant pour leurs anciennes. Comme la réponse ne se limite pas à un simple chiffre, nous avons décidé de partager ces éclairages avec tous ceux qui tiennent à leur oldtimer.
Lorsqu’on possède une voiture conçue à l’époque du plomb, le casse-tête commence. Carburant au plomb et indice d’octane élevé faisaient alors partie du cahier des charges. Aujourd’hui, ce carburant appartient au passé, pour de bonnes raisons écologiques et sanitaires. Reste à trouver la meilleure alternative. Voici donc un panorama des carburants les plus courants pour les véhicules anciens : Euro 95, Super 98 ou essence E10. Nous aborderons aussi les additifs de substitution au plomb, les carburants à indice d’octane élevé, et la question du GPL.
Euro 95 ou Super 98 : comment trancher ?
L’indice d’octane, c’est la clé. Plus il est élevé, plus le carburant résiste à l’auto-allumage, ce fameux “cliquetis” ou “pinging” qui peut malmener un moteur. Ce phénomène, inflammation prématurée du mélange dans la chambre de combustion, provoque des bruits secs et des à-coups. À terme, cela peut sérieusement endommager le bloc moteur.
Alors, Euro 95 ou Super 98 ? Le débat divise. Beaucoup de britanniques classiques roulent sans souci avec du 95, si l’allumage est bien réglé. Pour ce carburant, il faut souvent retarder légèrement l’allumage afin d’éviter un pré-allumage trop précoce. Ce conseil vaut surtout pour les moteurs à faible compression : berlines d’époque ou certains modèles sportifs commercialisés dans les années 1970 pour le marché américain, comme la MGB ou la TR6. En revanche, les versions les plus affûtées, moteurs préparés, arbres à cames plus agressifs, tirent bénéfice d’un indice d’octane maximal. Pour ces mécaniques pointues, le 98 reste la meilleure option pour préserver performance et longévité.
L’essence E10 et ses pièges
Pour nombre d’anciennes, l’Euro 95 classique peut suffire, à condition de surveiller la teneur en éthanol. L’essence E10 (10 % d’éthanol) est à proscrire. Les composants souples du système d’alimentation, tuyaux en caoutchouc, membranes de pompe, flotteurs en liège ou zinc, n’aiment pas l’éthanol et se détériorent au fil du temps. En plus, l’E10 dissout les résidus présents dans le circuit, ce qui augmente le risque d’encrassement. L’éthanol attire aussi l’humidité, favorisant corrosion et formation de bactéries lors de longs stationnements. Même l’Euro 95 standard contient souvent 5 % d’éthanol : il s’agit alors d’une essence E5. Pour les périodes d’immobilisation, mieux vaut privilégier un carburant premium à faible teneur en alcool (Super 98, V-Power, Excellium…).
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Certains fabricants proposent des additifs spécifiques pour l’E10, censés limiter ses effets indésirables sur les véhicules anciens. Faute de recul, il reste difficile de juger de leur efficacité sur le long terme.
Le rôle du substitut de plomb
L’usage d’un additif de remplacement du plomb n’a d’intérêt que si la culasse n’a pas été adaptée à l’essence sans plomb, notamment sur les moteurs conçus à l’époque du plomb. Ce substitut préserve les sièges de soupape “tendres” d’une usure accélérée, qui pourrait sinon entraîner des pertes de compression ou de puissance. Nous distribuons par exemple le substitut de plomb Castrol sur notre boutique en ligne.
Carburants à indice d’octane très élevé
Sur certaines pompes allemandes, l’essence à 102 d’octane est disponible. Aux Pays-Bas, Firezone propose la Concurrence 102. Pour la majorité des anciennes, le gain sera minime, mais l’absence totale d’éthanol peut rassurer les plus exigeants.
GPL : le choix radical
Le GPL a ses défenseurs, mais il reste rare sur les véhicules anciens. Les coûts d’installation et d’entretien, conjugués à un kilométrage annuel souvent limité, rendent le calcul peu attractif. Sans parler du respect de l’authenticité : percer la carrosserie pour installer un réservoir supplémentaire, ce n’est pas anodin. À chacun de juger, mais la plupart des passionnés préfèrent éviter cette modification.
Précaution avant l’hivernage : réservoir plein
Remplir le réservoir avant de remiser l’auto limite la condensation et la corrosion interne. Si le véhicule reste à l’arrêt plusieurs mois, sachez que l’Euro 95 standard se dégrade au bout de six mois environ. Mieux vaut alors remplir avec une essence premium. Au moment de reprendre la route, contrôlez les flexibles d’essence sous la voiture et sous le capot, et remplacez régulièrement le filtre à carburant.






Prendre soin de son carburant, c’est prolonger l’histoire de sa voiture. Un choix de carburant adapté, et la route s’ouvre encore pour de nombreuses années, sans mauvaise surprise derrière le volant.




